La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Les lutins qui vendent de l’émotion

Posté le 23/12/2019

Texte de Mario Loubier

Sonnerie de fin de match de hockey)

-Et c’est une victoire de 5 à 3 des Ours de Liboire contre les Renards de St-Hilarion.  Marioloubier.comMarioloubier.com

 

C’est de cette façon que s’est terminée la partie où l’équipe de mon fils de 10 ans a gagné un des 2 derniers matchs avant Noël. Je me retrouve doublement fier, car l’équipe obtient une victoire et fiston a marqué un but et obtenu une assistance pour celui d’un autre joueur. J’avais donc très hâte de le voir sortir de la chambre des joueurs pour le féliciter et célébrer avec lui. Je voulais aussi lui parler de l’effort soutenu qu’il avait manifesté pendant toute la partie autant en offensive qu’en défensive. Des fois on est fier de ce que nos enfants réalisent, car il y a toujours un peu de nous dans leurs actions. Je suis fier de mon fils.

 

Les joueurs commencent à sortit un à un. Évidemment, les autres parents accueillent les enfants avec un « High Five » et leur sourire rempli de fierté ne fait qu’anticiper de voir arriver le mien. Finalement, je vois sa tuque rouge passer la porte et je m’avance d’un pas vigoureux pour le féliciter. Il me regarde. Je vois bien dans son regard et son attitude qu’il est fier de sa partie, mais quelque chose cloche. Il n’a pas le sourire que je connais trop bien quand il est fier de lui. Je ne m’en fais pas trop sachant bien qu’on en parlerait sûrement sur le chemin du retour. On se fait un « High Five » et je le félicite pour son jeu. Je prends ensuit sa poche de hockey et on marche ensemble vers le véhicule. Au lieu de la volubilité habituelle que mon garçon manifeste quand il est fier d’avoir bien joué et marqué, il parle à peine et tout bas. Ça me préoccupe, je ne reconnais pas son attitude. On arrive finalement au véhicule. Je dépose tout son attirail à l’arrière du VUS et on démarre. On sort du stationnement et je lui raconte un beau jeu que je l’ai vu faire avec un de ses coéquipiers devant le but de l’équipe adverse. Il me remercie et ne dit plus un mot. Voyez-vous, si vous connaissiez mon fils vous sauriez qu’on aurait moi et lui parler de ce jeu probablement pendant tout le chemin du retour. Je suis vraiment préoccupé. Comme je m’apprête à lui demander ce qui ne va pas, il prend une grande inspiration, se penche un peu vers moi et me dit :

 

-Papa, il faut que tu me dises la vérité. Je n’ai pas envie d’avoir l’air fou face aux autres joueurs de mon équipe de hockey.

-Bien oui, je vais te dire la vérité. Que veux-tu savoir ?

-Papa est-ce que c’est vrai les histoires de lutin de Noël ?

 

Vous ne pouvez imaginer tout ce qui s’est passé dans ma tête avant d’avoir cette semonce de mon fils. J’ai esquissé un sourire en coin et j’espère qu’il ne m’a pas vu. C’est toujours touchant de voir la naïveté des enfants. 

 

-Pourquoi me poses-tu cette question à quelques jours de Noël ? 

-Dans le vestiaire, il y a autant de garçons qui disent que c’est vrai que d’autres qui disent que ce n’est pas vrai. Je ne veux pas avoir l’air fou devant mes amis si c’est faux. En plus cette année ils n’ont pas encore fait de mauvais coup.

-Est-ce que tu as tendu ton piège ?

-Non, car je veux savoir si c’est vrai avant.

 

Vous devez savoir qu’au Québec les lutins font leur apparition en même temps que la neige, soit vers le début décembre. Ils font des mauvais coups et des gaffes pour amuser les gens. Le jour, ils sont figés, mais la nuit, plusieurs disent qu’ils « foutent le bordel ». Pour les capturer, il suffit d’insérer une petite gâterie, comme une galette, dans un sac, qui sert de piège. Le 24 décembre, les lutins retournent auprès du père Noël pour faire la distribution de cadeaux. Ils reviennent toutefois chaque à année. Évidemment, les parents jouent un grand rôle afin d’aider les lutins pendant que les enfants dorment !

 

Sur ces mots, on est entré dans l’entrée de la maison. On est descendu du véhicule et j’ai entré la poche de hockey au garage. Je lui ai dit d’enlever son manteau d’hiver et ses bottes et de venir me rejoindre au sous-sol. Je fis la même chose et quelques minutes plus tard il vint me retrouver. « Alors papa » me dit-il « c’est vrai ou pas les lutins de Noël ? »  Au risque de briser la magie de Noël de mon fils, je savais bien que la bonne chose à faire était de tout lui raconter. Je me dirigeai donc en l’invitant vers l’endroit ou l'on classait toutes les décorations du temps des fêtes en l’invitant à m’accompagner. J’enlevai une boîte. J’en soulevai une autre afin de trouver celle du lutin de l’an dernier. Mon fils me regardait et ne savait pas trop ce que je faisais à ce moment. Finalement, je sors le lutin de la boîte et je lui demande :

 

-Est-ce que tu le reconnais ?

-Oui, c’est mon lutin de l’an dernier. Donc ce n’est pas vrai l’histoire des lutins ?

-Ça fait partie des choses que l’on fait pour nos enfants afin de leur faire vivre la magie de Noël.

 

Connaissant maintenant toute la vérité, il tourna les talons et monta rapidement dans sa chambre. Je monte ensuite au salon et j’ai tout raconté à ma conjointe. Les lutins de Noël avaient eu le dessus contre le but et l’assistance de mon fils. Nous ne l’avons pas vu jusqu’au souper en ne sachant trop ce qu’il faisait dans sa chambre. 

 

17h45 arriva et il était temps de souper. Je me rendis à sa chambre pour lui dire de venir nous rejoindre. Il arriva et s’installa à la table. Sa mère commença à lui parler de son but au hockey et à lui poser des questions sur la partie. Il y répondit et j’en ai profité pour y ajouter quelques détails comme papa est fier de son fils. Évidemment, le sujet des lutins était inévitable. Sa mère lui demanda simplement comment il se sentait face à ce qu’il avait appris concernant la vérité sur les lutins de Noël. Il la regarda pendant quelques secondes avec tendresse et se tourna la tête vers moi avec la même émotion et se mit à pleurer. De grosses larmes coulaient sur ses joues. Comme parent on ne savait plus quoi dire et comment agir on ne faisait que constater sa peine. À un moment donné, il reprit son souffle et à travers ses sanglots il dit :

 

« Je ne peux pas croire que vous avez tout fait cela pour moi pendant des années, afin de me faire vivre la magie de Noël ! Merci beaucoup! »

 

Je regardai ma conjointe et mon fils et je vis que l’on était maintenant trois à pleurer. Un par reconnaissance et deux pour fierté d’être les parents d’un garçon exceptionnel !

 

Cette année, les lutins nous ont vendu de l’émotion !

 

Joyeuses fêtes à tous et à toutes.

 

 

Merci à Martin De Lacroix de Longueuil Nissan pour l’inspiration !

 

Mario Loubier

514-434-9423

Partager via un média social